Voir le tableau de répartition des cheveux clairs en Europe
Voir le tableau de répartition des yeux clairs en Europe
Pourquoi cette diversité de couleurs ? Et pourquoi seulement en Europe ? D'aucuns y voient un effet secondaire du blanchissement de la peau (pour assurer suffisamment de vitamine D aux latitudes boréales). Pourtant, la couleur de la peau semble peu influencée par les divers allèles contrôlant la couleur des cheveux ou celle des yeux, à part les cas des cheveux roux et des yeux bleus. Certains allèles n'y exercent aucun effet (Duffy et al. 2004; Sturm et Frudakis 2004).
D'autres y voient les traces d'un métissage avec les Néandertaliens. Cependant, selon l'ADN qu'on a pu récupérer, aucune continuité génétique n'est discernable entre les derniers Néandertaliens et les premiers humains modernes en Europe. Peut-être qu'il y a eu entre les deux groupes un certain flux génétique, mais certes pas assez pour expliquer le nombre élevé d'Européens qui n'ont ni les cheveux noirs ni les yeux bruns.
D'autres encore prônent une cause aléatoire : dérive génétique, effets fondateurs, relaxation de sélection naturelle, etc. Mais ces moyens n'auraient pu produire autant de variété pigmentaire dans les 35 000 ans que les humains modernes habitent l'Europe. Les Européens possèdent, à eux seuls, au moins 7 allèles du gène contrôlant la couleur des cheveux (MC1R) et probablement autant de celui contrôlant la couleur des yeux (OCA2) (Rana et al. 1999). Si nous prenons l'hypothèse d'une relaxation de sélection, il faudrait presque un million d'années pour accumuler autant de diversité (Harding et al. 2000; Templeton 2002). D'ailleurs, il est curieux que la même sorte de diversification s'est produite à deux gènes différents, dont le seul point commun serait celui de colorer un attribut du visage (Frost 2006; Makova & Norton 2005).
Donc, il semble qu'une cause non aléatoire ait ciblé les cheveux et les yeux, et ce en tant que caractères visibles. Mais pourquoi ? Et comment ? Pour certains, dont le généticien Luigi L. Cavalli-Sforza, la réponse passe par la sélection sexuelle. Ce mode de sélection s'intensifie lorsque, parmi les individus prêts à s'accoupler, les mâles sont plus nombreux que les femelles ou vice versa, ce qui oblige le sexe en abondance à rivaliser pour les attentions de l'autre sexe. Il en résulte les mêmes stratégies qu'un publicitaire élabore pour accrocher des clients, dont l'utilisation des couleurs vives ou singulières.
Ainsi, chez les diverses espèces, c'est surtout la sélection sexuelle qui produit les traits à couleurs vives. Parfois, il en résulte un « polymorphisme de couleurs » Car ce n'est pas seulement une couleur vive qui attire l'attention d'un partenaire potentiel, mais aussi une couleur rare qui sort de l'ordinaire. Or, par le fait même de favoriser le succès reproducteur, cette couleur se multiplie dans la population ; l'attirance sexuelle s'oriente alors vers des variantes moins fréquentes et plus accrocheuses. Ainsi, la diversité de couleurs tend à se maximiser (Brooks 2002; Frost 2006; Hughes et al. 1999).
Afin de démontrer cet effet chez l'espèce humaine, le biologiste américain Thomas Thelen (1983) avait d'abord préparé trois séries de diapos montrant des femmes attirantes : la première présentait des nombres égaux de brunes et de blondes ; la deuxième 1 brune pour 5 blondes ; et la troisième 1 brune pour 11 blondes. Il demandait ensuite à des hommes de choisir, pour chaque série, la femme qu'ils voudraient épouser. Résultat : plus les brunes étaient rares dans une série, plus les hommes en choisissaient une. Cette tendance est également démontrée dans une étude de Gene Expression (2008) qui a constaté une surreprésentation des blondes et des brunes foncées sur la page couverture de Maxim par rapport à la population blanche des États-Unis :
- 45% de brunes foncées/cheveux noirs
- 25% de blondes claires
- 14% de blondes foncées
- 17% de brunes claires
Il y avait donc inversement une sous-représentation des femmes aux cheveux brun clair, qui sont les plus répandues dans la vie. Donc, chez l'humain, une couleur vive semble perdre son attrait à mesure qu'elle perd sa rareté. C'est peut-être pourquoi la couleur des cheveux et celle des yeux se sont diversifiées dans notre espèce.
Mais pourquoi chez les Européens et pas ailleurs ? Peut-être parce que la sélection sexuelle y était plus forte qu'ailleurs, surtout pendant la longue période où ceux-ci vivaient de la chasse et de la cueillette.
Chez les chasseurs-cueilleurs de nos jours, le rapport numérique entre hommes seuls et femmes seules se déséquilibre le plus dans l'environnement de type « steppe-toundra » où presque toute la biomasse comestible prend la forme des herbivores grégaires et migratoires (caribous, rennes, boeufs musqués, etc.). D'une part, les hommes subissent une mortalité élevée en raison des distances qu'ils doivent parcourir à la recherche de troupeaux, sans autre source de nourriture. D'autre part, les femmes sont peu autonomes sur le plan alimentaire ; donc, seuls les meilleurs chasseurs peuvent pourvoir à une deuxième épouse. Avec moins d'hommes au total et encore moins d'hommes polygames, les femmes doivent rivaliser l'une avec l'autre pour trouver mari, ce qui intensifie la sélection sexuelle sur elles.
Aujourd'hui, la steppe-toundra n'existe qu'en fragments, soit les franges septentrionales de l'Eurasie et de l'Amérique du Nord. Or, aussi récemment qu'il y a 10 000 ans, sa partie européenne se situait en bas de 60° N, ayant été déplacée vers le sud par la calotte glaciaire scandinave. Cette lande assez meridionale ne ressemblait en rien à la toundra arctique présente. Le rayonnement solaire élevé, ainsi que l'influence modératrice et humidifiante du Gulf Stream, permettait une bioproductivité également élevée, même au plus fort de la glaciation (Hoffecker 2002: 21-26, 32-34). Par contraste, les conditions de vie étaient dures sur la steppe-toundra asiatique, laquelle s'étendait davantage vers le nord et vers l'intérieur de l'Eurasie. Lors des avances glaciaires, le gros de son paysage se transformait en désert polaire (Ray et Adams 2001). Ainsi, c'était surtout dans la partie européenne de cette zone écologique que les humains modernes auraient pu s'implanter de façon importante et continue.
Enfin, la steppe-toundra européenne présentait une autre particularité. Elle couvrait la même aire géographique où, aujourd'hui, les couleurs des cheveux et des yeux sont diversifiées. De plus, la peau y est plus blanche que chez les populations indigènes habitant les mêmes latitudes ailleurs dans le monde. Enfin, c'est aussi dans cette aire que les mensurations semblent différer le plus entre les sexes (pour en savoir plus). S'agit-il là d'une empreinte laissée sur le paysage phénotypique par la sélection sexuelle ?
Peut-être. Mais il faut plus de preuves. En ce sens, il est possible que ces nouvelles couleurs des cheveux et des yeux soient légèrement liées au sexe, comme on s'y attendrait si celles-ci découlent d'une intensification de la sélection sexuelle à l'endroit des femmes. Selon une étude (non publiée), les individus sans cheveux noirs et sans yeux bruns auraient le deuxième doigt plus long par rapport au quatrième doigt, ce qui indique une plus grande féminisation avant la naissance (hausse du ratio oestrogène-testostérone). De même, une évolution indépendante du blondisme se constate chez les Aborigènes de l'Australie centrale, dont les cheveux blonds sont plus fréquents chez les femmes que chez les hommes.
De là on passe à une autre piste de recherches, à savoir les cheveux blonds des Aborigènes de l'Australie centrale, les cheveux bruns des Yukaghir de la Sibérie orientale et les cheveux clairs de certaines bandes inuites de l'Ouest de l'Arctique canadienne. Ce sont là les résultats d'une sélection sexuelle moins intense ou plus brève que celle qu'auraient connu les Européens ?
Enfin, on pourrait extraire de l'ADN à partir des restes humains afin de mesurer la variabilité des gènes MC1R et OCA2 chez les Européens au cours des dernières 35 000 années. Si l'hypothèse de la sélection sexuelle est vraie, les allèles spécifiques aux Européens auraient paru presque entièrement pendant la dernière glaciation (25 000 - 10 000 BP).
Putain, quel coup de vieux je me suis pris !
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Une copine du lycée se marie. Première fois que je vois quelqu'un né de l'année 1986 que je connais se marier. Désormais, je ne peux plus ignorer le fait que les gens autour de moi vont se marier dans les 5 ans et avoir des gosses dans les 10 ans... En matière de récrimination, j'ai d'ailleurs la désagréable impression que l'épidémie de couples commencent déjà à sévir autour de moi alors que pour ma pomme, je n'ai pas l'ombre d'une opportunité en vue. Et en plus il fait mauvais dehors... Putain !
Etrangement, d'autres signes évidents que mon entourage progressait dans l'âge adulte ne m'ont jamais perturbé outre mesure. Par exemple, l'insertion dans le milieu professionnel aurait du largement me mettre la puce à l'oreille. Quand tout le monde a eu son petit papier rose (à 14 ans, cette expression ne m'aurait signifié rien d'autre du pécu ^^) en guise de permis de conduire. Quand ceux qui ont déménagé dans les autres villes pour étudier s'il ne s'agissait pas carrément de partir 6 mois dans un pays étranger. Quand ils font des stages dans les entreprises dans le ou tout simplement déjà salariés.
Merde, vous rendez-vous compte que d'ici 2 ans, 3 ans TOUTES VOS CONNAISSANCES bosseront (ou pour les plus malchanceux d'entre eux iront seulement rejoindre les rangs de la population active, à la recherche d'un emploi) ???
Rien n'y fait, les filles et les gars avec lesquels je me suis amusé en soirées à les voir parler de cul, s'enivrer ou papillonner de partenaires à d'autres, je n'arrive pas à imaginer ces mêmes derniers 10 ans plus tard avec des gosses, rentrer à 19h pour se coucher à 22h pour aller le lendemain au boulot à 8h du mat' pour payer le crédit de la maison.
Cette annonce de fiançailles a produit l'effet d'un véritable électro choc, une remise en question pour moi tout heureux de quitter enfin le giron parental à 22 ans. Depuis 3 semaines, j'ai le sentiment d'une grande défaite à chaque fois que je m'endors seul dans mon lit.
